EMILI, la bonne mine ?

Echassières est une petite bourgade de moins de 400 habitants comme il y en a des centaines en France. Située dans l’Allier, elle a connu un riche passé industriel, avec une ancienne mine. Mais depuis peu, Echassières est visée par un nouveau projet minier. EMILI (c’est son nom) est le nouvel objectif d’Imerys qui se propose d’extraire du sol du lithium dans le cadre d’un projet de « mine écologique » visant à amorcer une transition énergétique française locale.

Jusque là, tout semble idyllique : du lithium français pour de nouvelles batteries électriques zéro émissions de CO2 sans avoir à importer, plus la création de nouveaux emplois. Oui, mais, une question se pose : Est-ce vraiment la peine de détruire une forêt et de dévier des milliers de mètres cubes d’eau de la Sioule pour récupérer les 1% de minerai présent dans des sols déjà pollués aux métaux lourds? Le gouvernement répond : oui. Ce projet est donc classé d’intérêt national. Mais nous répondons non.

Pourquoi freiner un tel projet ?

Primo, une mine écologique n’existe pas. Il s’agit de détruire une partie d’une forêt riche en biodiversité, puis de forer le sol déjà pollué aux métaux lourds (arsenic, plomb… ) à l’aide de machines très gourmandes en essence. Lorsque le trou sera fait, L’extraction du minerai se fera à l’aide d’eau empruntée à la Sioule, un affluent de la Loire qui connait, je le rappelle, des sécheresses toujours plus impressionnantes d’années en années. Même si Imerys affirme que 90% de l’eau utilisée sera recyclée, les 10% qu’il restent seront bel et bien pollués et perdus à jamais.

Deusio, le sol contient 1% de lithium, ce qui implique un gros travail de raffinerie dans des usines, là encore, très polluantes. On rappelle que le lithium est une matière très inflammable et qu’il occasionne régulièrement des feux, donc des émissions massives de gaz à effet de serre. Nos forets ne brûlent elles pas assez?

Tertio, à quoi servira le lithium, une fois extrait et raffiné? A fabriquer les batteries de nos téléphones portables, me diriez vous. Est-ce écologique? On estime plusieurs centaines de téléphones mobiles fonctionnels et inutilisés en France. De plus, objet de commerce, le téléphone est réédité par toutes les marques tous les ans alors que la plupart des acheteurs en ont déjà un. L’emprunte carbone de votre portable est estimée à 85,1 kg de gaz à effet de serre. Par ailleurs, on sait recycler les portables usagés sans avoir à en remplacer la batterie. Mais ce n’est pas le pire, les batteries de nos téléphones sont loin d’être les premières consommatrices: ce lithium servira à équiper des voitures électrique, soit de plus en plus de SUV.

Je rappelle que les SUV (Sport Utility Vehicule) sont de grosses voitures très lourdes donc très énergivores. Un projet de mine écologique dans l’intérêt de SUV électriques est pour ainsi dire totalement dénué de sens. Sans compter que la plupart des voitures et téléphones sont fabriqués en Asie, ce qui impliquerait quand même une importation.

Quattro, l’énergie électrique dépend en France de centrales nucléaires, qui constituent un exemple parfait de la bêtise humaine. (Voir le prochain article sur l’énergie électrique)

En fait, ce qui intéresse l’Etat et Imérys dans ce projet, c’est l’argent, comme d’habitude, et surtout pas l’écologie. Ils foncent tête baissée pour s’enrichir dans l’immédiat, en plaidant l’écologie pour apaiser le peuple, mais promettent de tout dévaster une fois de plus sur leur passage! Mais laisseront nous passer ça ?!

A vous de le décider…

Laisser un commentaire